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Deux poids, deux mesures : quand l’enfant hors mariage devient une faute pour la femme et une preuve de virilité pour l’homme !

Dans de nombreuses familles, avoir un enfant avant le mariage n’est pas jugé de la même manière selon qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme. L’homme peut être pardonné, voire considéré comme ayant simplement « fait une erreur de jeunesse », tandis que la femme devient une « mère célibataire » dont le passé est parfois utilisé pour lui fermer les portes du mariage. Derrière cette contradiction se dessine une question plus profonde : qui porte réellement la responsabilité d’un enfant né hors mariage, et pourquoi la société continue-t-elle de distribuer le blâme selon le sexe ?

Notre regard à ce sujet.Le paradoxe est saisissant. Lorsqu’un jeune homme a un enfant hors mariage, certains parents minimisent les faits : « Cela arrive », « Il était jeune », « Il faut lui donner une seconde chance ». Pourtant, lorsqu’une jeune femme se retrouve dans la même situation, son statut de mère célibataire peut devenir un véritable stigmate. Le problème apparaît avec une particulière acuité lorsqu’un homme souhaite épouser une femme ayant déjà un enfant : ses parents peuvent s’opposer au mariage au motif qu’elle « n’est plus vierge », qu’elle « a déjà une histoire » ou qu’elle risque de créer des complications dans le foyer. Cette logique révèle une conception profondément inégalitaire de la responsabilité : l’enfant est le produit de deux personnes, mais la femme porte souvent seul le poids social de cette naissance.Il faut donc fixer clairement les responsabilités.

Le premier responsable est celui qui abandonne son enfant et sa mère après avoir participé à sa conception, qu’il soit homme ou femme. La responsabilité parentale ne disparaît pas avec l’absence de mariage. Un homme qui a un enfant hors mariage ne devrait pas être socialement absous simplement parce qu’il est un homme ; il doit assumer ses obligations morales, matérielles et éducatives à l’égard de son enfant.

De la même manière, une femme qui a un enfant hors mariage doit assumer ses propres responsabilités. Mais elle ne devrait pas être condamnée à une exclusion sociale permanente pendant que le père biologique poursuit sa vie sans subir le même jugement. Quant aux familles qui refusent un mariage uniquement parce que la future épouse est mère célibataire, elles devraient s’interroger sur le message qu’elles transmettent ; condamnent-elles réellement un comportement ou perpétuent-elles simplement une règle qui sanctionne davantage les femmes que les hommes ?

Le futur mari, lui aussi, doit prendre ses responsabilités. S’il choisit librement d’épouser une mère célibataire, il ne devrait pas laisser sa décision être dictée exclusivement par la pression familiale. Il doit cependant mesurer avec maturité ce que signifie entrer dans une famille où un enfant existe déjà, établir une relation saine avec cet enfant et clarifier les responsabilités de chacun.

Les parents du jeune homme a évidemment le droit d’exprimer leurs réserves et leurs inquiétudes, mais ils ne devraient pas transformer le passé de la femme en condamnation définitive. Une société responsable doit apprendre à distinguer la faute, la responsabilité et la stigmatisation. On peut demander des comptes à quelqu’un sans lui retirer le droit de refaire sa vie.

Cette situation interpelle finalement toute la communauté. Si l’on considère qu’un enfant est innocent, pourquoi faire de sa naissance un motif de rejet de sa mère ? Si l’on estime qu’avoir un enfant hors mariage est répréhensible, pourquoi cette réprobation devrait-elle s’arrêter à la porte des hommes ?

Le véritable enjeu n’est pas de savoir si une mère célibataire « mérite » de se marier, mais de savoir si nous voulons continuer à construire une société fondée sur deux poids, deux mesures, ou évoluer vers une culture de responsabilité, de dignité et d’égalité. Le mariage ne devrait ni être une récompense accordée à une femme jugée « sans passé », ni une institution dans laquelle les hommes bénéficient d’une impunité sociale.

La responsabilité doit être partagée, les enfants protégés et les adultes jugés selon les mêmes exigences, quel que soit leur sexe.

La Rédaction

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