1 décembre 2025

‹‹Austérité sur os nus Il y a, dans cette obsession de rigueur répétée comme un mantra au palais Toumaï, quelque chose d’indécent.

À croire que certains vivent dans un autre pays, un pays où les greniers seraient pleins, les salaires versés à temps et les marmites fumantes. Le Tchad réel, lui, avance le ventre creux.

Et face à cette réalité, parler d’austérité n’est pas une erreur. C’est une provocation.Soyons sérieux, demander aux plus pauvres de se serrer la ceinture quand ils n’ont plus ni ceinture ni pantalon, c’est se moquer du monde.

Le problème du Tchad n’est pas la dépense sociale, mais l’hémorragie organisée depuis des années. Des fortunes publiques envolées vers des paradis fiscaux. Des comptes privés qui grossissent pendant que le budget national maigrit.

Des villas dont les châteaux d’eau débordent pendant que les villages s’assèchent.Alors avant de réclamer des sacrifices aux affamés, que ceux qui ont pillé le pays commencent par rapatrier chaque franc exilé sous des cieux offshore. Que les fuites se colmatent enfin au sommet.

Et surtout, que les richesses du Tibesti, ce sous-sol béni transformé en coffre-fort privé, cessent de nourrir des clans pour enfin servir la nation.L’austérité dans un pays qui a faim, c’est jouer avec une poudrière. La faim ne se discipline pas, elle explose.

Et lorsque le peuple réclamera ce qu’on lui a volé, il sera trop tard pour se cacher derrière les tableaux Excel et les promesses creuses d’Abu Dhabi.›› Steven Ngarhokarial, journaliste

Partagez sur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *