Le Parti Réformiste fustige une « cohésion sociale de façade » et dénonce le népotisme d’État
Le siège national du Parti Réformiste, situé dans le quartier Diguel (8e arrondissement), a servi de cadre ce mardi 14 avril à une sortie médiatique musclée.
Le vice-président du parti, Dr Fourissou Bibilla Marcel, a dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance actuelle, conditionnant la stabilité du pays à une véritable inclusion républicaine.Devant la presse, Dr Fourissou Bibilla Marcel a d’emblée balayé la rhétorique officielle autour de l’unité nationale.
Pour le numéro deux du Parti Réformiste, le concept de cohésion sociale, tel qu’avancé par les autorités, s’apparente davantage à une stratégie d’anesthésie des consciences qu’à une volonté politique sincère. « Ce discours sonne creux. Il n’est qu’apparence. Tant que la justice sociale ne se traduira pas en réalités concrètes, la cohésion sociale demeurera un slogan de circonstance, aussi fragile qu’une affiche livrée aux caprices du vent », a-t-il martelé.
Selon lui, l’appareil d’État, sous l’égide du président Mahamat Idriss Déby Itno, serait marqué par un « népotisme d’État » qui fragilise l’idéal républicain.
Le vice-président du Parti Réformiste a pointé du doigt une concentration des postes de responsabilité entre les mains d’un même groupe, évoquant notamment une forte proportion de commissaires de police à N’Djamena ainsi que des responsables militaires partageant, selon lui, des liens familiaux avec le chef de l’État.
Une situation qu’il qualifie d’« entre-soi », transformant la chose publique en « affaire privée ».
Le tableau dressé par le responsable politique s’est également étendu à la situation sociale. Il a notamment évoqué le sort des « invisibles » de la société tchadienne, citant les personnes handicapées qu’il estime marginalisées et privées d’infrastructures adaptées. Il a également dénoncé les dysfonctionnements dans le secteur éducatif, accusant l’infiltration du corps enseignant par des individus recrutés sur la base du favoritisme, au détriment des professionnels qualifiés.
Interpellant directement les autorités, Dr Fourissou Bibilla Marcel a plaidé pour un changement de paradigme dans la gestion de la contradiction politique. Pour lui, l’opposant ne doit pas être considéré comme un « traître à abattre », mais comme un acteur essentiel au débat démocratique. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de traque, d’insultes et d’emprisonnements visant les voix discordantes, estimant que « la vérité semble être devenue un crime ».
En conclusion, le vice-président du Parti Réformiste a insisté sur la nécessité d’un partage équitable du pouvoir et d’une justice effective comme conditions indispensables à une paix durable. « Nous voulons tous siéger à la même table », a-t-il déclaré, appelant à la fin de la gestion clanique au profit d’une gouvernance inclusive.
Pour le Parti Réformiste, le combat engagé vise avant tout la défense d’une nation tchadienne où chaque citoyen, quel que soit son rang ou son origine, retrouverait sa dignité.
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